Marie Luce Penchard, la secrétaire nationale en charge de l'outre-mer, et Dominique Paillé, l'un des porte-paroles de l'UMP, ont achevé leur première mission de 48 heures à la Réunion pour tenter de remettre de l'ordre dans le parti présidentiel.
Aucune mesure spectaculaire. Ils sont surtout venus pour écouter, tant les élus que les militants, afin d'essayer de trouver la solution miracle qui permettrait de réconcilier tout le monde.
La tache s'annonce cependant ardue...
Premier écueil : les plaies des dernières élections ne sont pas encore refermées. Les "dissidents", emmenés par Didier Robert, restent pour le moment sur leurs positions et ne semblent pas décidés à rentrer dans les rangs. La mésalliance de Nassimah Dindar avec le PS et le PCR au Conseil général est encore en travers de la gorge de beaucoup.
A ce sujet, j'ai été étonné de voir René-Paul Victoria siéger avec Jean-Luc Poudroux aux côtés des émissaires parisiens, au siège de l'UMP. Moi qui croyais qu'ils avaient démissionné...
Deuxième écueil : depuis les défaites de Jean-Paul Virapoullé, de René-Paul Victoria, d'Alain Bénard et de Jean-Luc Poudroux, l'UMP a perdu nombre de ses leaders. Comment confier les clés de la fédération de la Réunion à des personnalités qui n'ont pas été capables de convaincre les électeurs de leurs propres communes? Surtout quand on sait les moyens colossaux en moyens de pression dont dispose un maire. Quelle crédibilité peut avoir un ancien maire qui essaierait de convaincre les Réunionnais de le suivre, alors même qu'il a été incapable de se faire élire dans sa propre commune, où il a distribué les emplois par centaines, et promis des déclassements de terrains?
Troisième écueil : l'incapacité de certains à se remettre en cause, à faire leur auto-critique. J'avoue que j'ai une fois de plus été stupéfait d'entendre encore ce soir René-Paul Victoria venir expliquer à la télé, ou faire dire par ses militants, que s'il a perdu St-Denis, c'est à cause des trahisons dans son camp. Voilà un homme qui a vu ses 4 principaux adjoints -et je pourrais même dire 5 puisqu'il était de notoriété publique que ses relations avec Dominique Fournel s'étaient dégradées sur la fin du mandat- se retourner contre lui après l'avoir maintes et maintes fois mis en garde, après l'avoir prévenu qu'il allait dans le mur. Et, pour lui, ce sont les autres qui l'ont trahi, ce n'est pas lui qui s'est trompé. Vous connaissez l'adage : "Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt"! Je vous laisse deviner qui est l'idiot... Et cette position est d'autant plus incompréhensible que l'on sait maintenant que des audits commandés par lui, avant les municipales, prouvaient que tous ses projets grandioses allaient côuter plusieurs dizaines de millions aux contribuables dionysiens, en plus de ce qui avait été annoncé. Mais il a préféré cacher ces audits, de peur de fragiliser sa position aux élections... Et aujourd'hui, il vient encore ramener sa fraise.
Cet autisme de René-Paul Victoria va encore plus loin. On pourrait à la limite comprendre qu'il s'oppose à une désignation de Nassimah Dindar à la tête du mouvement, du fait de son alliance avec la Gauche au Département. Mais René-Paul ne s'arrête pas là : il est contre toutes les solutions proposées. Il est contre la désignation de Jean-Paul Virapoullé (ce que l'on peut là aussi comprendre pour les raisons exposées plus haut...), mais aussi contre celle d'un proche d'Yves Jego résidant à la Réunion et disposé à apporter sa pierre à l'édifice de reconstruction. Et d'une façon générale, il est contre toute solution qui ne proviendrait pas de son clan. Il faudrait peut-être que René-Paul se réveille. Il n'a plus personne autour de lui (à part Dominique Fournel, Serge Hoarau dont l'élection pourrait être cassée prochainement et l'ineffable Younouss Omarjee qu'on ne présente plus) et il ne représente plus rien. Même son poste de député est en sursis et il devrait être conscient que si les législatives se déroulaient aujourd'hui, l'écart serait encore bien plus important que pour les municipales.
Exit donc René-Paul Victoria, Jean-Luc Poudroux, Alain Bénard... Le cas Virapoullé est un peu à part, et il se dit qu'il pourrait jouer un rôle dans la réorganisation. La preuve que l'ancien maire de Saint-André est pire qu'un chat et qu'il sait toujours retomber sur ses pattes. Ses détracteurs diront retourner sa veste... Lui qui était l'un des plus farouches supporters de Chirac et le pire détracteur de Sarkozy a semble t'il encore réussi un de ses tours de prestidigitateur dont il a le secret... Il faut dire que si on met la roublardise et la fidélité de côté pour ne retenir que l'intelligence, il n'y a pas photo avec Victoria...
Exit aussi Didier Robert qui, pour le moment, semble préfèrer rester en dehors de tout ce cirque avec son nouveau mouvement. Wait and see, pourrait être sa devise.
Alors, il reste qui? Margie Sudre? Pas assez présente sur le terrain. Et la manoeuvre qui consiste à réapparaitre à quelques mois des Régionales est un peu grosse...
Alors, qui? L'ami d'Yves Jego? Personne ne le connait, et il n'est pas sûr que l'amitié du secrétaire d'Etat soit suffisante pour lui permettre d'éviter tous les coups et tous les crocs en jambes qu'on lui réserve.
Alors qui? On n'a toujours pas répondu à la question... Marie-Luce Penchard, consciente de la difficulté de la tache, a d'ores et déjà annoncé qu'elle reviendra dans environ un mois pour continuer le travail. Souhaitons lui bonne chance. Elle va en avoir bien besoin pour trouver les deux chargés de mission qu'elle ambitionne de mettre à la tête de l'UMP, avec pour objectif l'élection du président par les militants et la désignation du secrétaire départemental par Paris au mois de novembre prochain...
L'Etat a fait des erreurs par le passé, ce n'est pas une raison pour les refaire aujourd'hui. Selon ta logique, si il doit promouvoir aujourd'hui des cultures parce qu'il l'a fait par le passé, il devrait aujourd'hui mettre les descendants d'esclavagistes en esclavages? Allons... Au moins, nous avons retenus les erreurs des hussards;
L'Etat n'a quasiment aucune vélléité identitaire de nos jours: il nous apprend la même langue pour nous permettre de communiquer, des cours d'éducation civique pour nous permettre de le comprendre lui et les valeurs sur lesquelles il repose et des cours d'histoires qui s'attachent de moins en moins à la seule histoire française au profit d'une histoire régionale. D'ailleurs, tu noteras que dans son enseignement de l'histoire, il ne s'intérresse pas qu'à "son peuple": il enseigne également les histoires affiliées, si l'on peut dire. il enseigne ainsi l'histoire des Etats-Unis, car elle permet de comprendre le monde, celui de l'Algérie au delà de la seule histoire de son occupation et enseigne même l'histoire de zones du moyen orient où il n'a jamais été exceptionnellement actif. C'est donc nettement moins prononcé que par le passé et comme tu le dis, quand bien même, il ne le fait que pour assurer le minimum requis de cohésion identitaire pour que la société fonctionne.
Aujourd'hui , la position française est la plus logique qui soit: nous n'empêchons plus les gens de promouvoir leur culture mais nous ne les y encourageons pas non plus: ce n'est, tout simplement, pas notre affaire.
Affirmer sa différence c'est avant tout créer un groupe duquel les autres sont exclus, sur la base de critères subjectifs. Or tout groupe ainsi formé aura tendance à tourner en rond car pour conserver son identité, il sera poussé à affirmer sa différence vis à vis du reste de la société. Du coup, lui et la société s'exclueront mutuellement progressivement. Encore une fois, je renvoie à la reconnaissance de sous groupes au sein du modèle anglo saxon qui est tellement foireuse que de plus en plus d'éditorialistes (notamment à Londres au lendemain des attentats) se sont interrogés sur l'utilité de passer au modèle français. En effet, le mélange interethnique y est extrêmement rare ( un de mes profs d'histoire au collège avait fait la remarque: quelqu'un a remarqué que dans les séries américaines, le flic noir et le flic blanc sont toujours copains mais sont toujours mariés à une femme de leur ethnie?) et le racisme plus élevé qu'içi. De plus assister un groupe dans ses revendications identitaires va provoquer ce que j'appelle le complexe des gosses de 8 ans à Noël , aussi connu sous le nom de "il a eu un plus gros cadeau que moi!" , ce qui n'est pas non plus super favorable à une intégration poussée. Donc , la création de sous groupes sociaux fondés sur des considérations ethnico-linguistico-religioso-culturelles est un très fort facteur de fragmentation sociale. Mais pour tout ça, je te renvoie à une explication bien plus longue que j'avais faite à l'époque sur un sujet de ce site consacré à Nassimah qui faisait campagne chez les musulmans.
Les nationalistes ont effectivement repris cette thèse. D'un autre côté, les indépendantistes ont repris la tienne. La grosse différence entre les nationalistes et moi, c'est qu'ils veulent que tout le monde se comporte en français alors que la notion de français est très vague voir carrément fantasmée. Eux voulaient que l'on oblige les gens à se comporter selon LEUR version du français, y compris dans sa sphère privée, si besoin en passant par des moyens détournés (bloquer toute construction de centre culturels dédiés par exemple en refusant les permis. Ou refuser les autorisations aux bars ou aux festivités). Moi, je me fout royalement de comment ces gens se comportent dans leur sphère privée. J'estime juste que l'Etat n'a pas à se mêler de ce qui relève prioritairement d'un choix privé et donc certainement pas inciter, ou favoriser revendications de ce type. Les nationalistes voulaient, comme toi, un Etat engagé mais dans un sens contraire à celui que tu souhaites. Moi je veux un etat neutre, nuance. Par conséquent, je ne veux pas non plus de l'application de la loi culturelle du plus fort du fait que je veux un Etat acculturel, neutre et n'enseignant que des choses objectives. J'ai donc toujours souhaité la fin des établissements scolaires confessionnels, par exemple, quand bien même ils seraient catholiques (religion majoritaire en France). La coexistence pacifique passerait dans ce contexte par un Etat aussi passif que possible dans les questions culturelles, se contentant de maintenir l'ordre public. C'est, en fait, à lier à la notion de laïcité. dit autrement, le modèle que je propose se fout royalement de ses composantes vu que celles çi sont de grandes personnes tout à fait capables de se prendre en main par elles mêmes. L'etat n'a pas à se méler de tout: la société civile est, jusqu'à preuve du contraire, composée de personnes majeures et vaccinées qui, si elles ont tellement envie que certaines pratiques survivent, sont tout à fait en mesure de s'en occuper.
Je ne juge pas madame Baddat. Je dis juste qu'au moins que, quelles que soient les raisons de son nouveau poste (que j'ignore) , ça a au moins l'avantage que quelqu'un, à un très haut niveau, sait de quoi il parle quand il parle des DOM.
Rédigé par: Pierre Dupuy | 31 mai 2008 à 20:09
"l'Etat ne doit pas se mêler de notre identité..." : au contraire, l'Etat par son action a eu une politique d'assimilation dont l'action a consisté à occulter et empêcher l'affirmation de la réalité des identités créoles.
je te renvoie à ces périodes de l'Histoire récente réunionnaise, ou les kabars et maloyas étaient interdits. L'Etat par ailleurs se mêle bien de nos identité, en essayant de faire en sorte que nous soyons tous français, la même histoire, la même langue..ce qui est souhaitable dans un sens, pour que la notion d'unité nationale en est un , justement, mais ça n'est que récemment que l'on est en position d'apprendre l'histoire de la Réunion à nos marmailles..
"Deuxièmement je m'y oppose parce que l'identité est facteur d'exclusion lorsqu'elle est amenée sur la place publique" : je ne vois pas en quoi ma revendication éventuelle d'être réunionnais m'exclue rait d'une quelconque société dans laquelle je me trouve bien inséré à priori ! affirmer sa différence, c'est se faire connaître et reconnaître. désolé de ne pas adhérer à ton propos.
croire de surcroît que la revendication identitaire fragmenterait la cohésion nationale, n'est ce pas là une thèse que les "nationalistes" ont développé par le passé ? que cette revendication fasse naître des tensions entre les différents groupes aux identités culturelles différentes, mais c'est bien de la volonté de fondre des groupes culturellement différents en ne retenant que, pour faire simple, la loi du plus fort, que naissent les conflits basés sur l'affirmation et la revendication identitaire. Ceux qui ne sont pas reconnus et à qui on impose des modèles qui ne sont pas les leurs, tu sais bien ce qui en ressort. Donc il faut trouver un moyen de "coexistence" partagée par les dits groupes, ou alors inventer un modèle unique culturel d'identité, de pensée, en niant la réalité des origines multi culturelles et multi cultuelles de notre monde.. n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ..!
pour terminer sur la promotion de samiah badat, celle-ci n'est dû en dehors des qualités intrinsèques qu'elles possèdent en temps qu'individus et des compétences liées à son cursus (sciences po me semble-t-il...Tiens tiens...), il ne faut pas oublier que si la gauche était passé au pouvoir, elle ne l'aurait certainement pas eu, cette promotion. tu en déduiras ce que tu veux, sachant qu'elle fut active dans le fonctionnement de l'UMP et du soutien à NS..reconnaissance du ventre donc ? ou reconnaissance des compétences..?
Rédigé par: nicolas de launay de la perrière | 30 mai 2008 à 17:56
Mon commentaire sur les responsabilités de Jégo vient de ton commentaire sur la Corse: Jego n'a pas à être tenu responsable d'une situation ubuesque.
Le problème est double: d'abord, je nie absolument les revendications identitaires pour la simple et bonne raison que depuis des décennies, la France n'empêche plus l'expression des cultures minoritaires. En gros, la France ne m'a jamais empêché de parler créole ni de manger un rougail saucisse. D'ailleurs, j'ai toujours considéré que revendiquer son identité sur la place publique est une aberration: notre identité profonde est une affaire personnelle, privée et n'a pas grand chose de plus à foutre en place publique que notre appartenance religieuse. D'ailleurs, il est symptomatique que les modèles anglosaxons soient à la fois communautaristes d'un point de vue culturo-ethnique et religieux. Revendiquer une identité est inutile si l'on est différent: revendiquée ou non, la différence restera, d'autant plus que ça fait longtemps que l'on empêche plus sa transmission. Je ne vois donc pas en quoi l'etat devrait se méler de notre identité, qui relève de la seule sphère privée. Ou alors, puis je mettre en avant que je m'identifie clairement comme joueur de jeux de rôles et que cette activité connaissant un net recul depuis quelques années face à la concurrence des MMORPG, j'aimerais bien une aide de l'Etat pour la développer? Ben oui, à ce compte là, pourquoi pas... L'identité c'est vague et c'est avant tout un choix personnel.
Deuxièmement je m'y oppose parce que l'identité est facteur d'exclusion lorsqu'elle est amenée sur la place publique. Plus prosaïquement, et historiquement, l'identité est avant tout le véhicule de revendications politiques qui font une analyse biaisée de l'histoire, enfermée dans un passé fantasmé (toute la thématique de la mémoire et de l'histoire, pour laquelle je renvoie à l'excellent, bien qu'un peu brouillon, "réflexions sur la question juive" de Sartre). Au final, presque immanquablement, une revendication identitaire revient à fragmenter la société en de multiples entités dominées par leurs propres élites, homogènes intellectuellement ou presque et impossibles à faire bouger, tout simplement parce que dans ces conditions on a tendance à préférer un dirigeant de notre propre identité. Dans ces conditions, non seulement on obtient une société structurellement plus conservatrice mais en plus on obtient une société fragmentée: les problèmes ne pouvant pas décemment venir de l'intérieur de l'entité culturelle, ils viennent nécessairement de l'extérieur, donc d'autres éléments de la société. On en a un exemple extrême avec Vergès: alors que l'essentiel des problèmes réunionnais viennent de la corruption/affairisme/népotisme/etc et d'une mauvaise gestion tant locale que nationale, Vergès prend les aides de l'Etat (qui pour le coup fait bien son boulot) et les consacre à autre chose tout en accusant l'Etat d'être la source de tous les problèmes du monde (ils m'ont coupé mes subventions! Ben oui mon grand mais si tu faisais ce qu'on te dit avec, ça n'arriverait pas...) , ce qui est électoralement très payant mais aussi très nuisible à la solidarité nationale. On peut aussi avoir ce genre d'exemples via l'Union européenne (l'état économique de la France c'est pas nous, c'est l'Europe!) ou aux USA (si vous avez pas de boulots, c'est la faute des hispaniques! ). Le modèle que tu défends me paraît nettement plus favorable au clientélisme politique, à l'enfermement culturel et à la division nationale, en somme. Il n'est d'ailleurs pas anodin de constater que le pays où il est le plus largement appliqué, j'ai nommé les USA (où l'on a un double découpage: territorial entre les Etats, sociétal entre les ethnies et les cultures) est aussi l'un de ceux où les inégalités sont les plus prononcées , non seulement entre les groupes mais aussi au sein de ceux çi mais également un des pays les plus racistes du globe: l'essentiel de la population carcérale est noire et c'est également le cas de la majorité des condamnés à mort. Les agressions racistes y sont impressionantes, de même que la survivance de vieux préjugés. Et je ne parle pas du conservatisme religieux, je risquerais de m'emporter.
Donc non, en aucun cas nous ne devons suivre le modèle anglosaxon (qui est de toute façon de plus en plus critiqué au sein même des etats l'appliquant). D'autant plus que les problèmes de gestion auxquels tu fais allusion pourraient aisément se régler: ils sont le fruit d'un manque de connaissance de l'Etat à notre sujet. il faut donc, certes, une législation adaptée mais une législation adaptée on e a déjà eu quelques unes. Donc ce n'est pas une impossibilité structurelle, il s'agit juste d'un manque de connaissance qui pourrait se régler soit par un lobby des intérêts économiques et sociaux ultramarins en métropole (via par exemple un groupe de réunions de responsables politiques) soit par une plus grande écoute au niveau national, par la nomination par exemple d'ultramarins à des postes importants (et à ce niveau, de plus en plus, les choses changent, il suffit de voir la carrière de samia Badat) , par la décentralisation ou tout bêtement par le développement d'activités culturelles, éducatives voir journalistiques. rien à voir, donc, avec l'identité. Tu mélanges, en somme, des problèmes qui ne sont que lointains parents.
Rédigé par: Pierre Dupuy | 30 mai 2008 à 13:14
jego sera "comptable et responsable" de ce qu'il fera pour les DOM pour les quelques années à venir tant que les mesures décidées par son secrétariat d'Etat seront appliquées. ne réduis pas mon propos. si son action vise à corriger les erreurs du passé, et bien les dites erreurs sont à mettre sur le compte de ses prédécesseurs, et des petits malins locaux qui tirent parti des faiblesses ou des lacunes de ce qui fut mis en place. Pour ce qui est de l'Etat pris en otage par les Corses, je te rejoins sans problème, le vivant même à ce jour en "direct live".
Faut il s'en inspirer ou non ? oui à condition que l'intérêt général "réunionnais" prime sur l'intérêt de "certains réunionnais", et que l'intérêt général réunionnais puisse être partagé et accepté au niveau de "l'intérêt général national". On aborde là la question des retards dits "structurels" de la Réunion, et des situations ubuesques nées de politiques nationales intégrant les tendances démographiques nationales, alors que les tendances démographiques réunionnaises en sont éloignées, ce qui rend l'application de ces politiques localement un brin déconnectée de la réalité locale.
S'inspirer de ce qui est bon ailleurs pour améliorer la situation locale, qui serait contre ?
Maintenant, pour un élu, dire merci et prendre ce qu'on nous concède, en dénonçant par ailleurs que cela n'est pas suffisant voire que c'est discriminant, je ne vois pas la contradiction. Sans doute en dénonçant ces pratiques discriminatoires, la notion d'égalité martelée sur les frontons des bâtiments publics prendra un peu plus de sens pour tout à chacun.
Etre élu local, avoir et nouer des partenariats avec l'Etat ne doit pas induire un comportement de "béni oui-oui" et de courbettes à n'en plus finir et de positionnement à la con du genre " les amis de truc muche ou machin chouette".. On est un élu responsable ou on ne l'est pas. Certains poussent même la docilité à négocier des avantages personnelles pour eux et leurs familles, ce sont des comportements qui doivent être dénoncés et condamnés.
Et pour la reconnaissance identitaire, il est dommage que tu t'arqueboutes sur une volonté d'assimilation envers et contre l'affirmation (et peut être même le culte pour certains extrémistes) des différences.
Ce n'est pas parce que sur un horizon temporel à long terme, "nous serons tous morts" pour reprendre une formule célèbre, qu'il ne faut pas prendre la peine d'affirmer sur le court terme de son existence, le droit à sa différence et à son expression, et au besoin s'il le fallait en utilisant un arsenal réglementaire que la République française se doit de se doter, à moins que l'Europe ne la lui impose...mais on sait toi et moi de ce qu'il en est de cette fameuse charte, non ?
Rédigé par: nicolas de launay de la perrière | 29 mai 2008 à 18:47
Pas compris: en gros Jego doit être tenu pour responsable des faits et gestes de ses prédécesseurs et aussi de ceux de ses successeurs? Ca risque de faire beaucoup pour un seul homme.
Oui, la continuité territoriale corse est financée par l'Etat, non ça n'a rien à voir avec Jego, c'est donc hors sujet. Ou alors le pauvre doit aussi être tenu pour responsable du taux de croissance à 2%, du prix du pétrole et de l'assassinat de JFK. je ne juge pas l'action du gouvernement (que j'estime dans la moyenne basse de ce à quoi on a eu droit depuis 58, gouvernements de gauche compris) mais d'un seul homme.
Si par identité et réseaux tu désignes les réseaux mafieux ayant des contacts politiques et les partis locaux qui ont des accointances terroristes et qui veulent l'indépendance tout en continuant à profiter d'aides françaises, on va pas s'entendre. N'ayons pas peur des mots: la république est prise en otage en Corse. On leur donne des aides pour acheter la paix et ils sont en train de tuer la poule aux oeufs d'or. Je conseille à nouveau la lecture de "la république et ses territoires" pour comprendre les mouvements financiers en jeux : si l'auteur ne s'intérresse pas particulièrement à la corse, on voit bien que cet argent n'a rien à foutre là et est alloué à des "profiteurs". Par conséquent 1°) je suis hostile à toute revendication identitaire, qui ne serait qu'une relecture de l'histoire à travers un prisme déformant par des gens qui s'en serviront pour prendre quelque chose qui ne leur revient pas pour des objectifs pour lesquels ce n'est pas fait. Je pense içi tout particulièrement à Vergès et affirme que le débat actuel sur la continuité territoriale est l'exemple même de ce qui nous attend: un combat de plusieurs décennies par des gens prétendants défendre la Réunion contre le centralisme métropolitain et qui au final instrumentalisent leur prétendu combat et les fonds ainsi gagnés pour se faire une place politique durable (d'un côté je crache sur la métropole qui ne nous aide pas assez, de l'autre je prends les aides pour d'autres fins). Je ne suis pas contre la continuité territoriale, je dis juste que Vergès s'en sert dans un but politique, ce qui risque d'être plus fréquent si on va dans cette direction.
2°) je pense que, loin de niveler la Réunion au niveau corse, il faudrait niveler la Corse au niveau réunionnais. Ce sont les Corses qui ont un problème, pas nous.
3°)pour tout un ensemble de raisons philosophiques, politiques, morales, je suis contre les réclamations identitaires. Je renverrai à deux exemples qui montrent bien, à mon sens, les problèmes liés: le cas déjà cité de la continuité territoriale et les indigènes de la république. Si la réunion allait dans ce sens là, soyons clair, je n'y remettrais jamais les pieds: j'aurais trop honte d'un peuple pareil.
Rédigé par: Pierre Dupuy | 29 mai 2008 à 12:17
Hélas, pierre, l'action ministérielle ne se juge pas à l'aune du temps de présence effective au pouvoir des dits ministres, mais sur un horizon temporel un peu plus long que ce temps là. Jego est présent depuis quand déjà ? trop peu pour dire si ce qu'il fait est bien ou non. Effectivement la Corse n'est pas un DOM, mais le financeur de la continuité territoriale demeure le même, à savoir les caisses de l'Etat donc ma poche (je ne pense pas que tu paies des impôts encore) et celles des autres concitoyens de France, de Navarre, des DOM et autres.
Si le gouvernement est prompt à rectifier les errements qu'il constate dans les DOM, je l'invite à faire de même alors dans ce département insulaire qu'est la Corse. Le fera-t-il ? Je confirme donc que les erreurs ne doivent pas être reproduites et qu'il faut en tirer des enseignements pour le présent et l'avenir.
Pour conclure, ce qui fait la force de la Corse, ce ne sont pas les poseurs de bombe, mais bien autre chose que la Réunion et ses habitants feraient bien d'avoir un peu plus présent à l'esprit et que je qualifierai de "solidarité étroitement liée à une affirmation identitaire". Sans compter les "réseaux influents" dans les "cercles autorisés" à prendre des décisions pour ce qui la concerne..Cela nous ramènerait il à ce débat sur la nécessité d'avoir un cadre légal permettant la préservation et la défense de son Identité et ses composantes, et de la possibilité pour nos élites locales à pouvoir "fagociter" le fonctionnement de l'Etat.. A quand donc un créole à MEDETOM ?
Rédigé par: nicolas de launay de la perrière | 28 mai 2008 à 19:03
La Corse n'est pas un département d'outre mer et n'est donc pas de sa responsabilité... De plus, sur un plan strictement local, disons que je suis assez content de voir Vergès se prendre une telle claque.
Plus généralement, je ne comprends pas ton argumentation nicolas: on fait des choses stupides pour la Corse alors on devrait aussi en faire pour nous? Les Corses bénéficient d'un régime de faveur car ils ont des poseurs de bombes. Devrions nous nous abaisser à la même chose?
Et puis, de manière générale, il nous faut plutôt poser cette question: ce qui a été entrepris jusqu'içi est il bon pour la Réunion? Jego a t'il fait plus et mieux pour nous que ses prédecesseurs? Si les réponses sont oui, c'est un bon ministre.
Rédigé par: Pierre Dupuy | 28 mai 2008 à 12:40
Vous n'avez pas évoqué le cas Cyrille Melchior... Il a pourtant été vu près des ump parisiens lors de leur visite dans l'île...
Rédigé par: Reunionhighlandeuse | 28 mai 2008 à 07:17
et la continuité territoriale des corses...il la reprend aussi ?? quand on sait que n'importe qui peut en bénéficier et que les agences de voyage ne vérifient même pas si la personne qui demande un billet "résident" l'est effectivement...Oté réunionné, combien de temps encore va tu te faire "baisé" sans rien dire ??!!
Rédigé par: nicolas de launay de la perrière | 27 mai 2008 à 20:52
Tiens, faisant quelques recherches (bon, ok, j'avoue , sur wikipedia) sur monsieur Jego à propos de cette accusation d'ultralibéral, j'en ai appris de belles:
- tout d'abord monsieur Jego n'est pas un ultralibéral. Loin de là, il a même été, à une époque, proche de Dupont-Aignan, dont les positions en faveur des marchés libres et incontrôlés sont réputées (ironie inside).
- j'ai aussi appris qu'Yves Jego était le "monsieur internet" de Sarkozy durant la campagne et qu'il est, accessoirement, en charge des nouveaux adhérents à l'UMP. Ca sert à rien de le savoir aujourd'hui mais peut être qu'un jour...
- Enfin, j'ai trouvé l'adresse de son blog personnel et officiel: http://yvesjego.typepad.com Comme ça, on saura tous ce qui se passe dans la caboche de notre représentant en métropole.
A ce sujet, comme je l'avais signalé à papa il y a quelques semaines, le canard enchaîné a consacré un dossier à Jego il y a quelques semaines. Rien de bien croustillant à se mettre sous la dent, sinon une fréquentation assidue de quelques politiciens corrompus dans ses jeunes années (ce qui ne prouve rien contre lui, soit dit en passant, c'est dur de n'avoir que des amis "propres" en politique).
Rédigé par: Pierre Dupuy | 27 mai 2008 à 14:30
Jego, ultralibéral? Encore un détail qui m'avait échappé. C'est parce qu'il est sarkozyste ou il y a une vraie raison derrière tout ça?
Reste que, pour l'instant, l'action concrète de Jego, sur les dossiers primordiaux pour les DOM et la Réunion en particulier, reste symbolique (en dehors des magouilles internes à l'UMP s'entend). On attend une politique économique, une politique anticoncurentielle, une politique de l'enseignement... Néanmoins, soyons clairs: si je trouve que monsieur Jego manque un peu d'ambition (le ministère de l'outre mer est l'un des rares qui permette une action transversale, tant en matière sociale qu'économique, politique ou de sécurité; idéal pour se préparer à de plus hautes responsabilités en somme et constitue en plus un réservoir de voix impressionant pour les élections nationales) , il est clair qu'il a plus fait pour nous depuis sa nomination que la plupart de ses prédécesseurs (et je pense notamment à Estrosi). Et puis la claque à Vergès sur la continuité territoriale reste un monument qui justifie à lui seul sa nomination. Lui reste maintenant à trouver une solution pour qu'on la récupère, parce que sinon il risque de le payer cher politiquement.
Rédigé par: Pierre Dupuy | 27 mai 2008 à 13:40
Je trouve que cette analyse de P.DUPUY est très bonne et que les élus en sursis devraient en tenir compte. Mais hélas, ils sont tellement bornés et persuadés de détenir la vérité qu'ils ne sauront pas en tirer les leçons. Résultat aux prochaines élections car à ce rythme là la gauche a encore de beax jours devant elle.
Rédigé par: Mimi | 27 mai 2008 à 05:40
Oui Marie, tu te trompes complètement. Et pour une raison bien simple : le ou les personnes qui vont être nommées doivent être des personnalités de consensus.
Comme tu le sais, je n'ai pas ma langue dans ma poche, et tu te doutes bien que j'ai beaucoup plus d'ennemis que d'amis à l'UMP.
Et j'en connais un grand nombre qui s'empresseraient de mettre leur veto si d'aventure il venait à l'idée d'un fou de proposer mon nom.
La preuve? Les émissaires parisiens n'ont pas souhaité me rencontrer, et c'est tant mieux.
Sinon, je perdrais ma liberté de parole, et c'est ce que j'ai de plus précieux...
Rédigé par: Pierrot DUPUY | 26 mai 2008 à 16:56
J'ai remarqué que Pierrot Dupuy était incroyablement élogieux à l'égard de Jego même si celui-ci n'a pas son pareil en matière de langue de bois et de promesses démagogiques. Peut-on m'expliquer comment il fait pour être ultra libéral et vouloir en même temps nous faire croire qu'il veut "intervenir" sur les prix à la Réunion ?
Alors je me dis que peut-être Pierrot espère jouer un rôle dans la réorganisation de l'UMP à La Réunion. Je me trompe ?
Rédigé par: Marie | 26 mai 2008 à 16:46
Trouillomètre ça dépend du barreau et de la spécialité pour les avocats: les avocats d'affaires , surtout ceux du barreau de Paris, sont notoirement redoutables par exemple. Bon, après, c'est sûr que quand on voit le niveau de certains avocats, je me dis que j'ai même pas besoin d'attendre la fin de mes études pour tenter ma chance...
Rédigé par: Pierre Dupuy | 26 mai 2008 à 13:27
Dire que presque la moitié des électeurs votent pour l'ânanas et que un peu plus de l'autre moitié votre pour le pAnnette.
Remarquez que chez les avocats c'est un peu pareil : une majorité vote pour Bidois.
C'est à désespérer totalement de la nature humaine ...
Bon, faut dire que la plupart de ceux qui font avocat ont été choisis par ce métier à défaut d'avoir pu être embauchés dans une entreprise ou une administration ... On peut donc dire que le niveau de l'avocat moyen est à peine supérieur de celui de l'électeur moyen.
Je précise que j'ai vu des copies d'examen des futurs avocats ... A l'époque ça s'appelait le CAPA ... Horreur, malheur ...
Rédigé par: Trouillomètre au maximum | 25 mai 2008 à 21:48