Je suis allé assister, mercredi matin, à l'audience du procès en appel du colonel Bacar.
J'ai rarement eu l'occasion de voir la Justice ridiculisée à ce point...
L'accusation (le procureur Muguet pour faire simple) reproche au colonel et à ses 22 hommes d'avoir pénétré illégalement sur le territoire français à Mayotte. Accessoirement, on leur reproche également le port d'armes, en l'occurence 6 Kalachnikov, 2 Uzi et deux pistolets automatiques.
En observateur neutre, après avoir écouté la plaidoirie de l'avocat général Michel Baud, je m'étais naïvement dit que "leurs pois étaient au feu".
C'est alors que sont entrées en scène les avocates des prévenus, Me Marie Briot, Cécile Bentolila et Vinala Sandanom.
Les trois jeunes avocates s'en sont donné à coeur joie : s'appuyant sur le code du séjour des étrangers et sur la convention de Genève, elles ont démonté un à un les arguments de l'accusation.
Elles se sont notamment contentées de lire les articles du code et ceux de la convention de Genève pour démontrer que ne peut être poursuivi au pénal un étranger entré illégalement sur le territoire français, dès lors qu'il a fait une demande d'asile politique.
Pitoyable...
La Justice ne se grandit pas quand elle accepte d'être un instrument aux mains du pouvoir politique. L'objectif était de gagner du temps, afin calmer le gouvernement Sambi. J'allais écrire le temps d'acheter le gouvernement Sambi puisque, une fois de plus, tout s'est résolu avec un gros chèque de l'Etat français pour payer les salaires des fonctionnaires comoriens...
Grâce à la Justice réunionnaise, le chèque a eu le temps d'arriver sur le compte du gouvernement. Et sans doute, pour partie, dans les poches de Sambi et de quelques uns de ses proches.
La Justice pourra maintenant libérer Bacar et ses hommes. Et tant pis si elle s'est ridiculisée...
Pourquoi diable est ce que la France estime nécessaire de payer le gouvernement comorien ?
Foutons le camp, et laissons les Comores et Mayotte se démerder !
Si on tient absolument à aider Mayotte, donnons lui son indépendance, assurons sa protection militaire.
Quels sont les points communs entre les mahorais et les français sinon le goût pour la même monnaie ?
Je serais plutôt partisan d'une aide des nécessiteux dans un ordre de priorité plus objectif. Pourquoi devrait-on leur permettre à certains d'acheter téléviseurs et bagnoles alors que dans le même temps d'autres crèvent de faim ailleurs ?
Rédigé par: Trouillomètre au maximum | 10 mai 2008 à 12:32
Le Muguet ne se vent plus après le 1 mai, alors on le jette ? Celui là doit être sans parfum, sans âme, bref il ne fait le bonheur de personne!
Rédigé par: Rottleuthner | 09 mai 2008 à 21:03
Pour moi le plus gros problème rencontré par la justice française est l'existence de la peine de mort aux Comores. Un état qui l'a aboli il y a 25 ans ne peut raisonnablement livrer quelqu'un qui risque d'être exécuté. C'est pour cela qu'il faut insister au niveau mondial pour que la peine de mort soit aboli. Si cela avait été le cas aux Comores, je pense que Bacar et ses hommes auraient été extradés.
Rédigé par: andremctp | 09 mai 2008 à 08:20
Ne dis t-on pas de la France, que c'est le pays des Droits de l'Homme ? ...
Rédigé par: darkalliance | 09 mai 2008 à 06:18
Je ne suis pas d'accord avec votre conclusion Mr Dupuis; ce n'est pas "la justice" qui est en cause, au contraire! La décision de relaxe prise par le tribunal correctionnel prouve que les juges ont bien fait leur boulot. En revanche, le parquet, qui lui est aux ordres du pouvoir politique, s'est effectivement ridiculisé... Mais en réalité, c'est tout simplement le pouvoir politique qui s'est littéralement moqué du monde en tentant de justifier l'injustifiable, c'est-à-dire justement ce que vous donnez comme explication.
Heureusement qu'il existe encore des juges indépendants qui refusent d'avaliser ce genre de micmac politico-diplomatico-financier.Cela prouve que l'on est tout de même dans un état de droit et que l'on peut en parler!
Rédigé par: Bekinadan | 09 mai 2008 à 06:05