Pour une inéligibilité à vie des élus corrompus...
Ses adversaires politiques doivent déjà se réjouir. Maurice Gironcel, "Momo" pour les intimes, semble à terre, mort politiquement.
Qu'ils ne se réjouissent cependant pas trop vite.
Certes, il a été condamné par la Cour d'Appel de Saint-Denis à de la prison avec sursis. Mais cela, à la limite, il s'en moque. Le plus grave, à ses yeux, est la peine d'inéligibilité d'un an qui en découle.
Dans l'esprit des juges qui l'ont prononcée, le but est de mettre hors jeu un homme politique qui a dans leur esprit fauté gravement. Malheureusement, comme souvent, une interdiction d'un an n'est qu'une épine dans le pied d'un élu bien enraciné politiquement. Je vais vous expliquer le scénario qui se profile déjà...
D'abord, ne balayons pas d'un revers de main le recours qu'il a effectué auprès de la Cour de Cassation. Si "les juges des juges" confirment la plupart du temps les arrêts des Cours d'Appel qui leur sont déférés, il leur arrive -et c'est tant mieux- de les casser. Attendons donc pour voir...
Mais surtout, je suis prêt à vous parier que "Momo" sera encore là dans une dizaine d'années, si sa santé le lui permet.
Imaginons que la Cour de Cassation confirme l'inéligibilité prononcée par le Cour d'Appel. Maurice Gironcel est démissionné d'office de ses mandats de maire et de conseiller général. Que va t'il alors faire?
Dans le JIR de vendredi, il évoque une solution : "Je démissionne et la balle sera de nouveau dans le camp des électeurs"... Pas totalement vrai...
S'il provoque immédiatement de nouvelles élections, il ne pourra pas s'y présenter, étant encore sous le coup de sa peine d'inéligibilité.
Non, le scénario sera probablement autre.
Il faut d'abord comprendre que c'est Maurice Gironcel qui sera inéligible, et non l'ensemble du conseil municipal de Sainte-Suzanne. Ce qui signifie qu'après sa démission, le conseil devra se réunir pour élire un nouveau maire.
Maurice Gironcel devra alors trouver un candidat de confiance, à même de lui rendre son poste de maire une fois son inéligibilité terminée. Qui peut mieux le faire que sa propre fille, que "Momo" a eu la prudence de mettre en bonne place sur sa liste, suite aux dernières élections?
Voilà donc un conseil à sa main aux commandes de la mairie. Au bout d'un an, Maurice Gironcel redevient éligible, mais il ne fait plus partie du conseil municipal...
Qu'à cela ne tienne, il demande à l'ensemble de ses élus de démissionner et provoque ainsi de nouvelles élections qui lui permettront de se faire réélire...
C'est pour celà qu'avec Pourpre et de nombreux Français, je milite pour une inéligibilité à vie pour les élus pris la main dans le sac dans l'exercice de leurs fonctions.
Et qu'on ne me dise pas qu'ils ont payé et qu'il faut les laisser tranquilles. On exige bien des fonctionnaires un casier judiciaire vierge pour pouvoir être embauchés.
Ainsi, avoir volé interdirait de d'être secrétaire dans une administration, mais permettrait de devenir maire, et par voie de conséquence officier de police judiciaire?
Il y a quelque chose qui ne va pas...
Je suis content que ma position maintes et maintes fois exprimée dans ce sens soit enfin partagée par d'autres... C'était à désespérer du genre humain. Mais quand on a dit ça, il y a loin de la coupe aux lèvres... et la balle est dans le camp de ceux qui font les lois, c'est à dire dans les mains de nos politiciens qui se protègent tous, quoi que l'on dise...
Rédigé par: CADET | 29 avril 2008 at 14:17
Entièrement d'accord avec Mr Pierrot Dupuy. La moralisation de la vie publique (et par ricochet de la vie des citoyens) passe par une nécessaire intransigeance au niveau de la virginité du casier judiciaire de tous ceux qui prétendent exercer des fonctions publiques importantes. Surtout qu'en règle générale, c'est largement passé la cinquantaine qu'ils se font épingler, sans pouvoir plaider une "erreur de jeunesse". Allez ensuite expliquer aux jeunes qu'il faut rester dans le droit chemin...
Rédigé par: bekinadan | 28 avril 2008 at 11:32
depuis le temps que je dis la même chose!!! et pourtant, sous le beau ciel étoilé de cette république bananiere qu'est la Réunion, Gilbert A. est réélu à Saint Denis, !hugues S. dans le sud, etc.....
il faudrait , puisque les politiciens se protègent eux même, passer par l'autre biais, à savoir le référendum d'initiative populaire
Rédigé par: bertrand reshad bertil | 27 avril 2008 at 16:43
il faut bien commencer par quelque chose,et aboutir dans deux ou trois decenies,en obtenant loi après loi,la clarification de nôtre vie politique.
un mandat par elu
evaluation du patimoine ,avant et après un mandat.
nombre de mandats limités à trois consécutifs ou non
c'est tout pour ce jour.
Rédigé par: ydier jean-rené | 27 avril 2008 at 16:37
Et moi je dis toujours la même chose à chaque fois que papa ramène le débat sur le tapis: certains repris de justice ont accompli de grandes choses en politique. Le problème n'est pas tant, en l'occurence, le droit qu'ils ont à se représenter (le suffrage universel est plus efficace que bien des lessives de supermarché pour laver les tâches), c'est la façon même dont l'inéligibilité est conçue en droit français qui permet de tels abus. Moins donc, que sur l'existence d'une inéligibilité à vie (qui, à mon sens, ne devrait réellement exister que dans un cas: celui de haute trahison, tel que posé par la Constitution), il faut s'interroger sur des méthodes pour rendre l'inéligibilité temporaire réellement effective, par exemple, comme je l'ai proposé, en la faisant courir sur un certain nombre de mandats et non d'années.
Rédigé par: Pierre Dupuy | 27 avril 2008 at 15:59
Il y a des cas où dans les sociétés de BTP par exemple où le dirigeant fautif perd ses droits et ne peut plus pendant un temps, parfois long, gérer une autre société.
C'est le cas d'"abus de biens sociaux" : un entrepreneur qui a confondu le chéquier de sa société - qui lui appartient à 100 % - avec le sien. Et c'est la tuile avec un jugement du tribunal qui ne le rate pas ! C'est un exemple courant que je lis dans les annonces légales de journaux de la place.
A plus forte raison, pour un élu qui joue avec de l'argent public en le confondant avec ses propres deniers.
Je dis : C'est un voleur et il est punissable à 1000 % ! Et sans espoir de le voir réapparaître blanchi.
Rédigé par: jhoareau | 27 avril 2008 at 10:46
je suis d'accord avec toi Pierrot. Moi j'ai toujours pensé qu'il devait montrer "l'exemple". Bizarrement, j'ai jamais compris pourquoi un élu qui a été condamné pour quoi que ce soit puisse revenir en politique après avoir purger sa peine d'inéligibilité. Mais je pense surtout que "le créole lé cou....." pour élire un maire qui a un passé judiciaire car c'est notre fric qu'il vole. Ensuite c'est quoi cette mode de mettre ses enfants sur la liste de "Papa", on croirait revenu au temps de la royauté.
Plus je vois mon ile avancer et plus j'ai l'impression qu'on recule.
Rédigé par: gillou974 | 27 avril 2008 at 09:39
Les choses ne changeront jamais. L'explication de la pesanteur est très simple :
La loi est faite par et pour les politiciens. Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied, car la nature profonde du politicien c'est d'être malhonnête.
Ce qui me fout le plus la trouille n'est pas la classe politique, mais les électeurs. Tant qu'ils n'arriveront pas à une certaine maturité ils continueront à voter comme des cons. Ce n'est pas demain la veille que la populace cessera d'être con. Au contraire, nous assistons à un abrutissement des masses. Le seul espoir viendrait d'un politicien un peu fou qui pondrait une ordonnance. Un truc qui ne passerait pas devant le vote des parlementaires.
Rédigé par: Trouillomètre au maximum | 27 avril 2008 at 08:13