L'affaire de la publication du journal spécial Alexis de Villeneuve est venue cet après-midi, à 14h30, devant le président Lavigne, en sa qualité de juge des référés.
Je ne connaissais pas le président Lavigne, et j'avoue avoir été impressionné par l'homme. Il a su diriger les débats avec clarté et précision. Un peu à l'image des jugements qu'il rend, dont tout le monde s'accorde à reconnaitre la limpidité et la qualité des arguments exposés.
Je résume la situation : d'un côté, nous avions Me Rémi Boniface, représentant Paul Vergès, qui demandait l'interdiction de la sortie du journal au motif que c'était Jacques Tillier qui en était l'auteur. Or, comme Jacques Tillier a déjà à plusieurs reprises diffamé Paul Vergès dans le passé sur le sujet, on pouvait raisonnablement craindre, selon Me Boniface, qu'il ne récidive. D'où sa demande d'interdiction... Un peu comme au poker, Paul Vergès et son avocat souhaitaient payer pour voir...
Sans le vouloir, j'ai été un des points centraux de ce procès car Me Boniface a repris plusieurs passages d'articles du Petit Journal pour démontrer, selon lui, que le journal était déjà sorti (ce dont il n'a pu apporter la preuve), que c'était bien Jacques Tillier qui en était l'auteur, et qu'il s'agissait bien d'un supplément du JIR qui allait être vendu en même temps que le journal.
En face, c'est Me Alain Rapady qui défendait l'association "Vi souviens". Car, chose que j'ignorais, ce n'est pas le JIR qui va publier le journal sur Alexis de Villeneuve, mais cette association qui était jusqu'à il y a peu présidée par Jacques Tillier. Et dont les principaux faits d'armes ont consisté en l'apposition d'une plaque commémorative là où Alexis de Villeneuve a été abattu, avenue de la Victoire, et en la confection d'un buste qu'elle souhaiterait voir trôner dans les jardins de l'ancienne maison de famille des de Villeneuve, en face de l'Evêché dans la rue de Paris, maison rachetée depuis par la Région.
Et ça change tout car, en plus, le journal ne sera pas un supplément du JIR mais distribué à 200.000 exemplaires dans toutes les boites à lettres de la Réunion. En outre, Me Rapady a fait remarquer que Jacques Tillier avait démissionné il y a quelques temps déjà de la présidence de l'association. Ce qui lui a permis de rappeler le rôle primordial que doit jouer la presse dans une démocratie, rôle encore rappelé et renforcé par un arrêt récent de la Cour européenne des Droits de l'Homme.
Si "la présomption de diffamation " pouvait à la limite se concevoir en ce qui concerne Jacques Tillier, elle n'a plus aucune valeur dès lors que c'est Philippe Leclaire qui vient à la barre du tribunal déclarer qu'il est le nouveau président de l'association, et que c'est lui qui a rédigé la totalité du journal ! Lequel Philippe Leclaire n'a jamais diffamé Paul Vergès par le passé...
Comme le faisait lui même remarquer le président Lavigne, l'interdiction de parution d'un journal ou d'un livre avant sa parution est extrêmement rare et ne peut se motiver que par un risque immédiat. Il est hors de question que les juges aillent vérifier les articles de tous les journalistes avant parution. La liberté de la presse est un droit essentiel. La Cour européenne des Droits de l'Homme a même qualifié les journalistes de "chiens de garde de la Démocratie"...
Me Moissonier a ensuite eu beau jeu de plaider pour Jacques Tillier. Ce dernier a même été jusqu'à demander à ce que Paul Vergès cesse de le harceler, et il a réclamé au président de la Région 1€ symbolique de dommages et intérêts...
Dans ses dernières interventions, Me Boniface a donné l'impression d'avoir compris que les jeux étaient faits et qu'il n'obtiendrait pas l'interdiction de la parution du journal.
Rendez-vous a été pris jeudi matin à 10h, pour le rendu du référé. Si ce dernier était favorable, les journaux pourraient arriver dans les boites aux lettres dès le lendemain...
Et les de Villeneuve, Pierrot, on leur a demandé de s'exprimer????????????
Ils ont peut être quelque chose à dire?
Rédigé par: Martine | 05 mars 2008 à 17:14
Je souhaite que je juge ne nous vole pas notre histoire. Le fait historique ne peut être censurer par la justice. Or plus de 50 ans sont écoulés et la lecture et le rappel des événements historiques ne saurait être masqué par la volonté d'un individu qui a seulement été amnistié, mais pas innocenté. Juge ne soit pas complice d'une déformation de l'histoire de notre pays.
Rédigé par: Rottleuthner | 05 mars 2008 à 10:01
pas couillonnée !! juste le droit à l'info sans magouille ni intervention d'un pseudo pouvoir supérieur ...
Rédigé par: looping974 | 04 mars 2008 à 19:18
Que dire de plus: chapeau pour la manip !
Couillonnée la partie adverse!
On attend avec patience la parution de ces faits "historiques".
Rédigé par: jhoareau | 04 mars 2008 à 18:01