Il est des partis politiques comme des hommes politiques : A force de les voir depuis longtemps, on finit par les croire immortels.
Le Parti communiste réunionnais est inscrit depuis près d’un demi-siècle dans le paysage politique réunionnais. On ne lui a toujours connu qu’un leader charismatique, Paul Vergès, et toutes les dissensions internes se sont réglées en douceur, l’empêcheur de tourner en rond étant doucement mais fermement poussé vers la sortie. Personne n’osait contester l’autorité du "Patron".
Depuis quelques années cependant, les rédactions bruissent de rumeurs de tiraillements. On évoquait ainsi l’irritation d’Huguette Bello, qui ne ferait pas partie du « clan », à l’encontre de Paul Vergès. Ou les coups de gueule d’un Claude Hoarau… Mais, officiellement, rien ne transparaissait.
Depuis quelques mois cependant, l’âge du capitaine augmentant, et la fin de son hégémonie programmée, certains hauts responsables communistes n’hésitent plus à laisser transparaître leurs désaccords.
On n’en est pas encore à une crise publique, mais les signes ne trompent pas. Des fissures apparaissent, et le bateau commence à prendre l’eau.
Les causes ? Elles sont multiples.
Tout d’abord, certains ont été désorientés par les nombreux changements d’orientations de leur parti. Que reste t’il de communiste, aujourd’hui, dans le PCR ? Comment se prétendre communiste et affirmer défendre les plus défavorisés quand on roule dans des voitures de luxe avec chauffeur, qu’on voyage en première classe, qu’on fume le cigare, et qu’on est l’ami et le confident des plus gros patrons de l’île ? Comment se prétendre communiste quand on embrasse Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Debré, et qu’il est de notoriété publique que Jacques Chirac est un proche ?
C’est de là que sont partis les premiers doutes chez les "purs et durs".
La deuxième cause porte un nom, ou plutôt un prénom : « Pierre ». « Ti Pierre », pour les intimes. Rejeté par la plupart des cadres du Parti pour son arrogance et sa suffisance, il a presque toujours été battu aux élections. Et quand il a gagné, c’est dans un fief comme le Port, et en y réalisant les plus mauvais scores jamais obtenus par le PCR. Ce qui n’a pas empêché Paul, son père, de l’imposer envers et contre tous.
Tant que le patron était fort, les autres baissaient la tête et se taisaient. Mais, avec l’âge et les ennuis de santé du président de la Région, les "rebelles" osent contester et critiquer Pierre de plus en plus ouvertement. En coulisses, chacun évoque le salaire exorbitant qu’il touche à la tête de la SR21, la SEM de la Région, et les prébendes qui vont avec, mais aussi son mépris pour ceux qui l’entourent.
Et les mêmes dissidents mettent Françoise dans le même panier.
Selon eux, Paul Vergès n’a plus aujourd’hui que trois obsessions sur la fin de sa vie : caser ses enfants et garantir leur avenir, assurer la réalisation des grands chantiers qu’il a initiés, et empêcher le Parti socialiste d’enlever de nouvelles villes. Afin qu’il ne puisse contester le leadership du PCR à Gauche. Quitte pour cela à faire alliance avec les ennemis de Droite d’hier.
Enfin, dernière raison : Des « injustices » dont auraient été victimes certains. Comme Maurice Gironcel qui s’est vertement opposé à une candidature de Pierre à Sainte-Suzanne aux prochaines municipales et a annoncé qu’il serait, quoi qu’il arrive, candidat. Même contre le vice-président de la Région. Sûr de sa défaite, "Ti Pierre" a préféré renoncer…
La voix de Maurice Gironcel vient s’ajouter à celle d’Huguette Bello, qui n’a jamais apprécié les "mamours" entre Paul Vergès et Alain Bénard, celui qui est censé être le leader de l’opposition à la Région. Pour mémoire, c’est le maire de Saint-Paul qui a fourni, fort obligeamment, un terrain pour la construction de la fameuse Maison des Civilisations. Projet qui faisait pourtant l’unanimité contre lui à Droite. C’est également lui qui est le premier venu au secours du président de la Région sur le tram-train, en acceptant son extension dans l’Ouest. Enfin, c’est toujours lui qui s’est montré d’une exceptionnelle discrétion dans ses fonctions d’opposant à la Pyramide inversée. Tout cela devrait bien valoir un petit coup de main aux municipales. Ou, à tout le moins, une absence d’aide à Huguette Bello, ce qui suffirait à son bonheur…
On peut également citer Claude Hoarau qui n’a pas, vous vous en doutez, apprécié le "coup" de Paul Vergès débarquant dans la 3ème circonscription à sa place, alors qu’il était le candidat "naturel". En voilà encore un qui n’a pas dû pleurer, le soir de la défaite du leader du PCR face au jeune Didier Robert…
Je pourrais citer nombre d’autres élus, à l’image de Jocelyne Lauret qui n’a pas apprécié le hold-up de "Ti Pierre" sur le tourisme, pour ne retenir que le dernier exemple en date. Résultat : elle sera présente sur la liste d'Alain Bénard aux municipales à Saint-Paul.
Autre exemple : il y a quelques semaines, Yvon Virapin, un des plus anciens militants du PCR à Saint-André, organise un "service malbar", auquel il convie tous les caciques du Parti. Paul et Pierre Vergès sont là, mais aussi Elie Hoarau et bien d’autres. Un absent de marque : Eric Fruteau, que tout le monde voyait en "candidat naturel" du PCR à Saint-André, qui serait en disgrâce auprès du "clan Vergès".
Fait étrange : cette disgrâce intervient à un moment où on note un rapprochement discret entre Paul Vergès et Jean-Paul Virapoullé… La Région aurait accepté de financer le projet de port en eau profonde cher au sénateur-maire de l’Est, ce qui permettra de son fils Laurent de s’en prévaloir… Alors même que "Témoignages" parlait de "nouvelle preuve d’irresponsabilité" à propos du même port le 8 octobre dernier… En échange, Jean-Paul Virapoullé aurait accepté de se faire moins virulent à l’encontre du PCR.
Dernier exemple en date de ces échanges d’amabilités : On sait que JPV est farouchement opposé au Schéma d’Aménagement Régional (SAR) porté par la Région. On aurait donc pu légitimement s’attendre à ce qu’il se réjouisse de l’absence de quorum à une récente réunion qui lui était consacrée à la Région. Les intervenants ont attendu une heure et demie l’arrivée d’un providentiel arrivant. Et devinez qui est venu sauver le quorum ? Jean-Paul Virapoullé en personne, qui a cependant pris soin d’annoncer qu’il était toujours contre le SAR et qu’il ne manquerait pas de l’attaquer devant le tribunal administratif…
Vous comprenez, après ça, que de nombreux militants du PCR soient désarçonnés ?
Hélas Pierrot, les fissures elles n'ont pas lieu qu'au PCR mais aussi sur le Littoral, au prix d'une vie humaine aujourd'hui ! Une vie fauchée côté mer, là où nous sommes sensés être en sécurité ! Mais nous dit la Région, nous serons libérés en 2017, avec une route sur mer cette fois-ci ! En attendant regardons les galets, si on peut les éviter et à ce moment là, ce sera les vagues qu'il faudra éviter !
Un bon vieux tunnel aurait suffi, mais cela aurait impliqué une diminution des fonds européens d'entretien ... Alors entré argent et sécurité, le choix est vite fait !
Divisés ou pas divisés, ils sont tous d'accord sur un point, comment se remplir les poches et s'engraisser sur le dos des Réunionnaises et Réunionnais !
La route du Littoral Pierrot est un sujet sur lequel il faut se mobiliser et je crois que vous pouvez fortement y contribuer !
Rédigé par: Maoul974 | 09 janvier 2008 à 16:27
Attendre que le patron soit vieux et malade pour ramener sa fraise ...
Alors ça, c'est des gens courageux !
LOL
Rédigé par: Garou | 09 janvier 2008 à 09:05
Tiens c'est un peu comme l'histoire du "Désert des Tartares" de Dino Buzzati
Un peu comme l'histoire du sous-lieutenant Drogo affecté a la forteresse Bastiani, qui domine le desert des Tartares.
Au fil des ans, il est detruit par l'ennui, comme toute la garnison.
Il meurt au moment ou se precise la menace des Tartares.
Le problème avec les politiques Péi
est la gabegie financière sur les projets inutiles, la corruption, les pratiques maffieuses, le népotisme et l’inversion des valeurs tant .... Jusqu’auboutisme et irresponsabilité ! ...
Rédigé par: cambronne | 08 janvier 2008 à 19:41