Hier matin, à l'occasion de l'assemblée plénière du conseil économique et social de la Réunion, certains personnes, dont quelques "grands patrons" feignaient de s'étonner que j'aie pu annoncer dans les journaux de la Matinale de Radio Festival que l'octroi de mer allait disparaître.
C'est marrant comme certains n'entendent que ce qu'ils veulent bien... S'ils lisent aussi bien un bilan qu'ils sont capables de retranscrire ce qu'ils ont entendu à la radio, je crains le pire...
Leur "mauvaise audition" tombe mal puisque j'avais décidé, dès jeudi soir, de mettre en ligne sur ce Blog le "papier" que j'avais enregistré pour être diffusé le lendemain matin sur les ondes de la radio.
Chacun pourra donc s'apercevoir, en le relisant, que je n'ai jamais dit que l'octroi de mer allait être supprimé. Par contre, j'ai effectivement écrit qu'un risque subsistait. Et je persiste à le dire. Comment faire autrement, quand on sait que la totalité des pays qui nous entourent réclament sa suppression avant le 1er janvier 2008.
J'avais également pris la peine de préciser que l'Europe avait répliqué que ce point n'était pas négociable. Mais, tant que l'accord définitif n'est pas signé, qui peut jurer qu'il n'y a aucun risque?
Cependant, l'octroi de mer n'est pas le seul enjeu de ces négociations. Nos voisins demandent également la suppression de tous les droits de douane sur leurs produits entrant à la Réunion. Et, à mon avis, cette mesure serait encore plus dangereuse pour notre île.
Je ne vous donne qu'un seul exemple : une imprimerie locale employant environ 120 employés vend aujourd'hui ses produits à prix coûtant, uniquement pour conserver ses parts de marché. Malgré celà, elle est 30% plus cher que les mêmes produits fabriqués à Maurice, malgré les droits de douane et le transport. Imaginez la situation s'il n'y avait plus de droits de douane!
Il ne resterait plus au patron de cette société qu'à la fermer, à mettre 120 employés au chômage, et à déménager ses machines à Maurice ou Madagascar pour ensuite les acheminer jusqu'à la Réunion. C'est ce que l'on appelle les délocalisations, dans le cadre de la mondialisation...
Et ce qui est valable pour cette société l'est également pour des centaines et des centaines d'autres. Je vous laisse imaginer la catastrophe...
Autre raison d'être inquiets pour les patrons réunionnais : une rencontre entre chambres de comerce se tient actuellement à l'île Maurice, et nos voisins s'y montrent très optimistes. Comme on ne les a jamais vus. A les écouter, ça y est, ils ont gagné, et la Réunion est à eux...
Tout se jouera donc mardi à Maurice à l'occasion du prochain round de négociation entre l'Europe et les pays de la COI (Maurice, Madagascar, Comores, Seychelles). C'est l'ambassadeur de France qui représentera notre pays, mais il aura Paul Vergès assis juste à côté de lui. Et on sait que l'avis du président de la Région est très écouté.
D'où l'inquiétude de certains. Paul Vergès, dont l'aura auprès de Paris et de Bruxelles a terni depuis sa récente défaite aux législatives et sa démission de son mandat de député européen, ne sera t-il pas tenté de quitter la scène sur un coup d'éclat, en essayant de se prévaloir d'avoir été le seul a avoir réussi à signer un A.P.E. (Accord de partenariat économique) dans la sous-zone de l'océan indien, entre l'Europe et les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique)? Jusqu'où est-il prêt à aller pour arriver à ce résultat? Et avec quelles concessions?
C'est peu dire que le monde économique local est inquiet. Les réunions succèdent aux réunions, et les GSM chauffent...
Patience, il ne reste plus que quelques jours à attendre pour savoir à quelle sauce nous serons mangés...
Quoiqu'il en soit néanmoins, nous pouvons être surpris de ce soudain réveil : Nous voilà à deux portées de décisions importantes, et pourtant, il me semble avoir lu, dans un de nos trois quotidiens, il y a de cela qq années déjà, courant 2002 je crois, un article sur le sujet, et je suis surpris que ces questions ré-apparaissent sous le sceau de l'urgence, alors que nous avions un espace de temps large et suffisant pour nous y préparer...Bref. Nous savions le climat émollient, nous le découvrons aujourd'hui piquant aussi, et comme ces ivrognes abrutis d'alcool, qui bondissent d'un seul saut, au bruit d'un intrus, tentant de dérober leurs doux sommeils embouteillés, voici que nous surgissons, d'élans et de grognements, pour s'emparer de nos fioles chéries, et bouter hors de nos lits bénis, tous voisins indélicats qui viendraient nous perturber, dans nos rêves esseulés : La mondialisation nous entoure, et nous persistons à nous batir des murs, pour mieux conforter notre isolement virtuel, éternels adolescents que nous sommes, refusant de se plier aux réalités de notre monde, qui lui, ne peut que s'étonner de nos caprices d'enfants gatés, tels ces foetus bienheureux qui refusent de venir à la vie, bien au chaud dans le sein de conforts douillets. Quand ça y léve la tête don ? Le jour la fin' levé mi crois bien. Attende pas la lune y monte pou sorte bat' carré.
Salaam
@Franco : A part deux points, sur lesquels je suis moins d'accord, bravo monsieur, je partage votre propos.
@Jeanicot : La zone franche n'aménera du PIB local, que si nous proposons qq de différent sur le marché régional, et cela s'applique aussi pour notre tendre et (trés) chère industrie cannière, entre autres, à moins d'exporter du chewing gum à mada, des cosmétiques aux comores, et des pesticides à rodrigues, pour rester concurrentiel, au vu de la prévisible ascension des coûts du transport.
Rédigé par: Jean Salim R | 29 octobre 2007 à 03:40
l'exemple sur l'imprimerie pour illustrer le role des droits de douanes est aussi l'occasion de faire remarquer que l'argument pour transformer la reunion en zone franche est une ineptie quand il s'agit de faire croire qu'il s'agit de rendre la competitivités des salaires avec ceux de la zone ocean indien.
Rédigé par: jeanicot | 28 octobre 2007 à 03:06
Depuis la départementalisation et surtout depuis l'Europe, notre île a reçu des sommes astronomiques pour rattraper ses retards de PIB et se doter des infrastructures qui auraient dû lui permettre de créer et mettre en place les moyens d'instaurer sa capacité de développement par elle-même dans le cadre d'une économie exogène sur deux axes essentiels : l'agriculture et le tourisme.
Bien au contraire, les forces politiques dites
"communistes" (et plutôt pro-capitalistes dans la réalité objective en l'occurence) qui gèrent notre île avec Le Port d'une part et la région d'autre part depuis plus de deux décennies n'ont eu qu'une préoccupation : élever le niveau de vie et de confort d'une partie de la population dans un vaste affairisme de surconsommation(voir la massive augmentation des automobiles, des cases en dur, de la grande distribution, des moyens de confort divers) tout en permettant à une petite poignée d' importateurs issus de la grande bourgeoise locale liée à la canne de s'enrichir massivement de ces formidables aubaines créées par les milliards de la "pompe à fric française et européenne", et ce en veillant méticuleusement à maintenir " une population pauvre" en marge de la société assistée cependant des miettes de la manne financière qui permettent ainsi d'apporter leur "modeste en revenus" mais quantitative en nombre(il y a bien sûr plus de pauvres que de riches) contribution à l'enrichissement toujours plus grand d'une minorité tout en restant des "assistés" tributaires et dépendants de ceux qui leur distribuent, parce qu'ils en sont les intermédiaires obligés et malheureusement incontournables, leurs contrats précaires, leurs aides sociales, constituant bien sûr de façon pérenne l'importante clientèle électorale des "apparatchiks communistes" et leurs alliés alimentaires locaux, transformant un territorie d'outre-mer français en petite "république populaire démocratique" sous la férule de Grand Timonier local, ultime survivance des Ceaucescu, Honnecker et autres, aux côtés de la Corée du Nord et de Cuba.
Mon propos n'est-il pas confirmé par le véritable sabotage auquel ces dernières années s'est livrée la vice présidente de la région à la tête de la machine à détruire le tourisme réunionnais et à "gaver" quelques planqués : le CTR ? Le travail de centaines d'opérateurs privés qui ont mis des années à développer et consolider le potentiel exceptionnel de notre île pour le tourisme ont été éliminés sans beaucoup de véritables réactions de ceux qui nous dirigent : oui malheureusement le tourisme ne dégage pas d'octroi de mer lui !!! et surtout il enrichit ceux qui le mettent en oeuvre et les fait( an partie seulement !) échapper à l'assistanat systématique de nos chers "défenseurs des pauvres" et donc n'en fait pas une clientèle élcetorale servile et facile à manipuler !!!
Pour l'agriculture, il a suffi à ces mêmes "dirigeants" défenseurs de l'intérêt général de veiller à ce que les productions de nos agriculteurs, sous la coupe (comme nos clients touristes d'ailleurs et pour les mêmes causes : la cherté toute artificielle du transport aérien) des juteuses rentes de situations des compagnies. Ainsi en gardant prisonnier (dans sa très large majorité) le monde agricole sous la monoculture qui nourrit si bien certains au motif qu'elle est "l'avenir" de la Réunion (vivre avec 10 ha de cannes ???), n'est-ca pas rester enfermé dans une économie endogène au lieu de s'ouvrir vers l'export et une économie exogène à partir de nos richesses ? Un exemple parmi : nos 8 à 10 000 tonnes d'exceptionnels letchees qui ne sont exportées que pour ... 200 T !!! idem pour nos fruits de la pasion, nos mangues José, nos ananas victoria !!! Certains l'ont bien compris avec la légine ( vers où et comment est-elle exportée ?)
Quant au tourisme, les hôtels sont vendus pour en faire de très profitables maisons de retraite, ou vendus aux Mauriciens venus ainsi récupérer au profit du développement de leur petit pays les richesses touristiques du potentiel de la Réunion que nos "communistes" et leurs alliés alimentaires ont abandonnées ou sabotées.
Pauvre Réunion, l'avenir de nos enfants et de notre île est dans de bien sales mains.
Ah, dans mon manque d'objectivité, j'oubliais : notre île aura en 2009 sa route des Tamarins qui va se bloquer pendant 8 ans au minimum, en 2017 sur le verrou de la route du littoral ; son joujou du tram-train pour les quelques centaines d'emplois des enfants des camarades et leurs alliés ( comme les 700 emplois d' Air Austral aujourd'hui) et surtout sa belle maison des civilisations pour l'emploi de Mlle Françoise, véritable pyramide ( non pardon escargot) érigée à la gloire, à la grandeur et à la vénération de celui qui a commencé sa brillante carrière politique comme chacun sait à St Denis, il y a de 60 ans maintenant.
Rédigé par: Antoine FRANCO | 27 octobre 2007 à 23:12