J'ai été entendu cet après-midi par un inspecteur de police au commissariat de Malartic pour expliquer dans quelles conditions Gilbert Annette avait été amené à porter des accusations de corruption contre Michel Tamaya et Sudel Fuma, les 4 et 15 juin derniers, dans mon émission sur Radio Festival.
Si j'ai été entendu, c'est que le procureur de la République a ouvert une enquête préliminaire dans le but de rechercher si les deux élus cités -et peut-être d'autres- ont bien perçu de l'"argent sale", auquel cas ils pourraient se voir poursuivre pour recel d'abus de bien sociaux, l'ABS comme on dit présentant cette particularité juridique de voir sa prescription ne courir qu'à compter du jour où les faits sont découverts.
En l'espèce, le départ de la prescription partirait donc du 15 juin 2007, date à laquelle Gilbert Annette a dénoncé les faits sur notre antenne.
Gilbert Annette serait pour sa part à l'abri de toute poursuite, un homme ne pouvant être condamné en France deux fois pour les mêmes faits. Sauf à démontrer qu'il aurait touché de l'argent d'autres sociétés que la CGE, ce qui est une évidence que lui même reconnaît en privé, mais qui sera difficilement prouvable pratiquement 15 ans après.
Michel Tamaya et Sudel Fuma ne risquent pas non plus grand chose. On aura donc au final un Gilbert Annette continuant à affirmer qu'il leur a remis des enveloppes d'argent liquide, et nos deux compères qui continueront à clâmer leur innocence. Ce sera parole contre parole, sans preuves. Et le dossier sera très probablement classé sans suites.
Alors, pourquoi tout ce cinéma fait par le procureur, cinéma qui mobilise un inspecteur de police qui aurait sans doute autre chose de bien plus intéressant à faire?
D'abord, il lui était difficile de laisser un homme, quelqu'il soit, dire publiquement qu'il a "arrosé" des élus avec de l'argent provenant de la corruption sans réagir.
Certes. Mais on ne m'enlèvera pas en plus de l'idée que le Parquet, qui dépend directement du Ministère de la Justice et donc du gouvernement, ait trouvé là un moyen de donner un coup de main à René-Paul Victoria qui en a bien besoin à Saint-Denis. Cette enquête sera l'occasion de remuer un peu la m..., et de rappeler le passé sulfureux de Gilbert Annette. Et de salir au passage Michel Tamaya dont la prochaine candidature aux élections municipales est un secret de polichinelle. C'est tout bénef pour le candidat de la Droite aux municipales à Saint-Denis...
Mais on peut aussi se poser la question concernant Gilbert Annette. Qu'est ce qui a bien pu pousser cet homme, très intelligent au demeurant, à accuser ainsi son ancien bras droit et à faire remonter à la surface des affaires qu'il aurait sans doute préféré voir oubliées.
En fait, Gilbert Annette a effectué un véritable chantage sur Michel Tamaya. Le marché sous-entendu dans sa première intervention du 4 juin où il a cité Jean Ivoula était le suivant : "Tu vois, je peux te dénoncer comme je viens de le faire avec Jean Ivoula, mais je peux aussi me taire. Renonce à te présenter contre moi aux municipales et je te fiche la paix et ne dirai rien"...
Malheureusement pour le patron du parti socialiste, Michel Tamaya (qui n'est pas non plus né de la dernière pluie et qui sait bien qu'il n'y a a pas de preuves contre lui), ne s'est pas laissé impressionné, et a maintenu sa candidature. D'où la deuxième salve du 15 juin où Gilbert Annette est passé à la vitesse supérieure et a accusé Michel Tamaya et Sudel Fuma dans notre émission.
Pour le même résultat : Michel Tamaya n'a pas cédé et a maintenu sa candidature.
Maintenant, j'aurais envie de dire que c'est Gilbert Annette qui est pris à son propre piège.
Soit il a des preuves dans sa besace (ce qui, comme je vous l'ai dit, me semble très difficile 15 ans après...) et il les apporte à l'inspecteur de police lorsqu'il sera entendu au début de la semaine prochaine. En prenant bien soin au passage de rester dans le périmètre des pots-de-vin perçus de la Compagnie générale des Eaux à l'époque, sinon il risquerait de se voir lui aussi impliqué.
Soit il n'a pas de preuves, et c'est Michel Tamaya qui en sort grandi et renforcé, jouant au passage le rôle de l'homme injustement sali, dont l'honnêteté et la probité ont été mises en doute par un ancien condamné revanchard.
Mais je vous l'ai dit, j'ai bien peur que tout cela ne finisse en eau de boudin. D'où cette question lancinante dans ma tête : Pourquoi le procureur a t'il choisi de lancer ses inspecteurs sur un dossier dont il sait très bien, depuis le départ, qu'il n'a aucune chance de le voir aboutir, alors que nombre d'autres plaintes dorment au fond de son tiroir?
Au fait, Monsieur le Procureur, où en est la plainte que j'ai portée il y a exactement un an contre Mme Nassimah Dindar pour le fait qu'elle ait voulu vendre des terrains du Conseil général à des prix dérisoires à une société dans laquelle travaillait sa soeur, plainte dont je n'ai reçu aucune nouvelle de votre part?
Je comprends que vous soyez en service commandé pour raisons politiques. Mais l'éducation que vous avez reçue, je n'en doute pas, aurait au moins dû vous inciter à m'écrire pour me dire que vous aviez bien reçu ma plainte, et me tenir informé de ce que vous comptiez faire.
Rien ! Pas un mot depuis un an !
Moi, ma mère m'a mieux éduqué que ça...
Le Parquet de Nanterre vient d'ouvrir une enquête policière sur l'acquisition par SARKOZY de son appartement à Neuilly. Quelles sont les raisons pour lesquelles le procureur de Saint Denis protège VICTORIA, et ne déclenche-t-il pas une enquête sur sa villa du Piton trésor, malgré tout ce qui a déjà été écrit dans la presse et sur ce blog? De quelles protections particulières bénéficie le maire de Saint Denis? Ne pourrait-on pas avertir Rachida DATI du traitement de faveur réservé à certaines personnalités par le parquet de la Réunion?
Rédigé par: olivertwist | 19 septembre 2007 à 18:47
Un nouveau p'tit coup de Bernard Legras, ça ferait pas de mal, rien que 2 ou 3 ans ... hein ?
Rédigé par: Garou | 17 septembre 2007 à 07:52
Pierrot as tu été entendu sur les autres plaintes intentées par poupre? Alors arrêtes ne soyons pas hypocrites. Laissons muget au monde des (censuré) bien qu'il ne soit pas une fleur.
Rédigé par: rol | 16 septembre 2007 à 19:28
Est-ce que le procureur MUGUET fera aussi entendre VICTORIA, pour sa villa achetée à des prix défiant toute concurrence au chemin du Piton Trésor à la Montagne?
Rédigé par: dpayet | 15 septembre 2007 à 17:51
Je me demande si l'absence de "bonne éducation" n'a pas un lien direct avec l'absence de volonté des mal polis quand il s'agit de faire respecter le droit dans des circonstances qui ne les arrangent pas ?
Je voudrais bien savoir où sont passées mes plaintes lorsque j'ai dénoncé les agissements de certains personnages pour lesquels j'ai peu de doutes sur leur malhonnêteté :
Un permis de construire a été délivré par monsieur X (NDLR : nom retiré par Pierrot DUPUY) adjoint à l'urbanisme de Saint-Denis alors que et lui et le maire (NDLR : même remarque) et l'architecte des bâtiments de France avaient été mis au courant par avance (par lettre avec avis de réception) de toutes les violations du plan d'occupation des sols.
Même les prescriptions du dit architecte des bâtiments de France ont été violées. Celui-ci n'a rien trouvé de mieux que de revenir sur ses prescriptions initiales pour exiger ensuite des "modifications esthétiques aux parties modifiées illégalement" (SIC !)... Comme quoi des modifications esthétiques dans le beau pays qu'est la Réunion rendraient peut-être légal ce qui est illégal !
Qu'on me parle aussi de la "taxe de parking" qui est due lorsque le nombre de parking n'a pas été réalisé mais qui n'a jamais été réclamée ...
Et aussi le non raccordement d'un certain WC (d'un appartement qui ne devrait pas exister) au tout à l'égout (alors qu'on oblige certains autres à faire effectuer ce raccordement à grands frais ).
Qu'on me dise pas que je me trompe : il suffit de venir sur les lieux pour constater les irrégularités (et cela a été fait grâce à une décision de justice qui a obligé la commune de délivrer un document de "non-conformité").
Evidemment, j'en passe et des meilleures, car je pourrais sans mentir écrire un bouquin de 300 pages sur cette affaire.
Je me demande si les liens d'amitié et les liens politiques avec le promoteur et sa famille n'y sont pas pour quelque chose dans le comportement des responsables de la commune ?
Tout cela ne peut pas intéresser le proc ...
Les gens peuvent magouiller les permis de construire tant qu'ils veulent, ce ne sont pas des affaires assez graves ...
Parfois je me demande une chose : Et si la couleur politique des magouilleurs était différente ? Qu'en serait-il ?
Rédigé par: MYR | 14 septembre 2007 à 07:00
C'est comme çà qu'ensuite, plusieurs années aprés, comme à Saint Pierre, on a un procès ubuesque où les accusés d'hier sont blanchis, se voient présenter des excuses par la justice pour un travail baclé. Sauf qu'entre temps, les élections sont déjà passées, la calomnie a fait son oeuvre dans l'esprit des électeurs et la population se retrouve avec une majorité affairiste et incompétente qui collectionne les scandales financiers, politiques et sexuels. Et dans le cas des affaires de la CIVIS ou celles dont tu parles au département, l'argent empoché n'a pas servi à acheter la paix sociale dans les quartiers chauds !
Rédigé par: Grachus | 14 septembre 2007 à 06:49
Allons allons, Pierrot, l'éducation dispensée par les mamans n'est pas à mettre en cause ...
C'est probablement que toi tu n'as pas trop subi l'influence de mauvaises fréquentations ensuite :o)
Rédigé par: Garou | 13 septembre 2007 à 11:13