Je vous ai narré cet après-midi l'essentiel des événements qui se sont déroulés aujourd'hui au SDIS. Je vais maintenant y apporter quelques détails supplémentaires.
Sachez tout d'abord que le colonel Loubry était convoqué à 19h ce soir à la Préfecture pour tirer au clair les conditions de sa tentative de putsch, et ses conséquences.
Je n'en connais pas encore le résultat, mais je ne manquerai pas de vous en rendre compte dès demain.
Si le Préfet se bouge, on ne peut pas en dire autant de la présidente du Conseil général... N'oublions pas, pour situer le débat, que le SDIS est placé sous la double autorité de l'Etat et du Conseil général. Mais, dans les faits, c'est le Département qui le gère : le conseil d'administration est présidé de droit par sa présidente, et c'est en général un vice-président qui en assure la présidence déléguée. Ce poste était occupé jusqu'à hier par Cyrille Hamilcaro, qui bénéficiait des pleins pouvoirs.
C'est pourquoi on aurait pu s'attendre à une réaction de la part du Palais de la Source. Mais voilà, Mme la Présidente est en Métropole (notamment pour assister à l'intronisation de Nicolas Sarkozy), et elle ne rentrera que ce week-end dans le département.
On aurait pu penser que devant des événements aussi graves, un vice-président allait prendre les choses en main, débarquer au SDIS et remettre le colonel Loubry à sa place... Il ne faut pas oublier que le ministre de l'Intérieur et la présidente du Conseil général ont publié un arrêté il y a quelques jours nommant le colonel Caroli sur ce poste !!!
Et bien non, tout le monde a rentré la tête dans les épaules au Département, et on attend manifestement que l'orage passe, espérant sans doute courageusement que le problème se résolve tout seul...
On aurait également pu attendre du colonel Fontaine, qui a entre les mains un arrêté le nommant directeur par interim du fait de la maladie de longue durée du colonel Loubry, qu'il allait se retrancher dans la caserne de la rue Monthyon pour tenir tête au colonel qui a la prétention de lui piquer sa place... Mais ce serait oublier qu'il y a des cadavres dans les placards de la caserne, et que dans un courrier adressé il y a deux ans par le patron du SDIS de l'époque au colonel Fontaine au retour de ce dernier de Mayotte où il avait fait pis que pendre à ce que l'on dit, le colonel Loubry lui expliquait pourquoi il ne pouvait être nommé directeur adjoint du SDIS, notamment "pour des raisons que vous et moi sommes les seuls à connaître"... Le tout souligné dans le texte. Dans le genre menaces, on ne fait pas mieux...
Pas étonnant dans ces conditions, comme je l'ai écrit ce matin, que le colonel Fontaine ait joué au petit toutou tout au long de la journée derrière le colonel Loubry, se chargeant de lui trouver une voiture ou un GSM...
Et comme le colonel Loubry est un malin, il a déjà récupéré les pompiers qui doivent venir manifester demain matin devant les grilles du Conseil général. Il leur aurait promis, dit-on, de les faire embaucher sans avoir besoin de passer de concours... Ce n'est pas très sérieux, mais comme le disait Charles Pasqua : "Les promesses ne valent que pour ceux qui les écoutent". Le plus important pour le colonel est actuellement de mettre de son côté une partie des pompiers de base...
Il n'empêche : imaginez l'ambiance qui règne actuellement dans les casernes de pompiers de l'île. Les personnels administratifs et les pompiers ne savent pas à qui obéir et ne savent pas qui est leur véritable patron.
Reste que tout le monde s'interroge sur les raisons qui ont pu pousser Cyrille Hamilcaro à s'enfuir aussi précipitament.
Pour ma part, je peux vous révéler que ce départ était en fait programmé depuis un moment déjà. Le 15 décembre dernier, il y a un mois donc, je vous avais révélé dans un article intitulé "Les rats quittent le navire" que des proches de Cyrille Hamilcaro avaient fait une demande de mutation. Il apparait donc qu'au moins à cette date, le départ du vice-président délégué était déjà sur les rails.
Ce qui est étonnant, c'est que les mêmes proches, interrogés par le personnel il y a quelques jours à peine sur les rumeurs qui commençaient à circulaient, répondaient invariablement avec aplomb que tout cela était faux : "Rien, ni personne, ne nous fera partir d'ici"... Ben voyons !
Au final, les événements de la journée représentent une véritable claque pour Cyrille Hamilcaro. Dans une lettre envoyée à chaque pompier, et qui est arrivée ce matin entre les mains des intéressés, il explique les raisons de son départ. Je résume, sans trahir la pensée de l'auteur : "J'étais venu pour une double mission. L'une, politique, consistait à virer le directeur du SDIS (le colonel Loubry). C'est fait. L'autre, à remettre de l'ordre et à rénover le matériel. C'est également fait".
Sauf que le colonel Loubry était arrivé à 7h30 du matin, soit quelques heures avant que les pompiers ne reçoivent le courrier, pour reprendre ses fonctions. Et que sa première mesure a consisté à virer les membres du Cabinet de l'étage pour s'installer à leur place, à deux pas du bureau précédemment occupé par Cyrille Hamilcaro. Tout un symbole !
Reste maintenant à savoir si le Préfet aura su (pu ?) remettre le colonel au pas...
Tant qu'à faire, les cadavres n'ont qu'à se mettre au jour ... histoire de boire le calice jusqu'à la lie !
Rédigé par: darkalliance | 18 janvier 2007 à 04:21