L'avion de François Bayrou a décollé ce soir de Gillot, laissant derrière lui une UDF destabilisée.
Comme nous vous l'avions dit il y a deux jours, information que le JIR a reprise ce matin, l'ambiance est pour le moins tendue dans le parti centriste local.
Cyrille Hamilcaro, pressenti pour prendre la tête du mouvement à la Réunion, est venu dire "au revoir" à François Bayrou à Gillot, tout comme il lui avait dit "bonjour" il y a trois jours à son arrivée.
Sauf que, entre temps, il a complètement disparu. Montrant par là même sa mauvaise humeur d'avoir été tenu à l'écart de l'organisation du voyage, au profit de Ayoub Ingar, un inconnu des militants qui avait adhéré à l'époque aux Jeunes Giscardiens, et qui avait gardé depuis le contact avec Bernard Lehideux et Blanco Carlotti (la garde rapprochée de François Bayrou) qu'il voyait, selon lui, lors de ses déplacements à Paris. Déplacements nombreux puisque, dans le civil, Ayoub Ingar est chargé de communication à Air France et qu'il est donc amené, à ce titre, à se déplacer très souvent en Métropole.
Ayoub Ingar m'a fait l'honneur de me téléphoner hier soir, pour m'informer qu'il n'avait pas sa carte à l'UMP, ni dans aucun parti d'ailleurs, que c'est à titre amical qu'il avait rencontré François Bayrou, Bernard Lehideux et Blanco Carlotti, et qu'il n'a en rien participé à l'élaboration du programme du voyage du président de l'UDF.
Je prends acte de son affirmation selon laquelle il ne serait pas membre officiel de l'UMP, mais je suis au regret de le contredire sur sa proximité avec le parti gaulliste et sur son implication dans l'élaboration du programme.
Plusieurs responsables de l'UMP m'ont confirmé qu'ils considéraient Ayoub Ingar come un des leurs. Une preuve si c'était nécessaire : la réunion organisée par Ayoub Ingar cet après-midi aux Camélias pour François Bayrou devait se dérouler chez une militante de toujours du RPR, puis de l'UMP. Et à la dernière minute, consciente du mélange des genres, il a été convenu que la réunion se tiendrait en face de chez elle, chez une amie.
Cyrille Hamilcaro a donc tenu parole. Vexé de constater que François Bayrou ne l'avait quasiment pas sollicité pour l'élaboration du programme de la visite, il est retourné à Saint-Louis, annonçant à la cantonade qu'on ne le reverrait plus. Ce qu'il a fait !
Autre "couac" du voyage de François Bayrou : Jean-Luc Poudroux, le Maire de Saint-Leu est furieux de n'avoir pas été informé de la visite du président de l'UDF sur sa commune, et de l'avoir appris par la presse.
Il apparaît qu'il s'agissait là d'une volonté délibérée de Cyrille Hamilcaro, qui s'inscrit dans le combat actuel en vue des prochaines législatives dans le 3ème circonscription, élection où Cyrille Hamilcaro est candidat, mais où il doit compter sur l'opposition de Jean-Luc Poudroux.
Je vais vous raconter une anecdote significative : Dans le cadre de la préparation du déplacement de François Bayrou à Saint-Leu, Cyrille Hamilcaro déjeune dans un restaurant de Saint-Leu avec quelques personnes. C'est alors qu'entre Jean-Luc Poudroux. Quelle n'a pas été la surprise des convives de voir Cyrille Hamilcaro courir se cacher, prétextant qu'il ne souhaitait pas que le maire de Saint-Leu le voie...
Autre bizarrerie dans ce dossier de la visite à Saint-Leu : Cyrille Hamilcaro a emmené François Bayrou chez un agriculteur qui est en contentieux avec le SDIS... dont Cyrille Hamilcaro est le vice-président délégué !
Je vous conte les faits : un camion du SDIS a écrasé un tuyau appartenant à cet agriculteur. Ce dernier a demandé à être indemnisé, mais l'assurance du SDIS a refusé, au prétexte que le tuyau n'avait rien à faire à cet endroit.
Cyrille Hamilcaro aurait alors voulu le faire payer directement par le SDIS, mais le projet a capoté, notamment sous l'impulsion de Nassimah Dindar, qui a estimé qu'on ne pouvait pas aller contre l'avis donné par la compagnie d'assurance.
Aux dernières nouvelles, l'affaire pourrait se règler par l'embauche de la femme de l'agriculteur au SDIS...
Mais avouez que ce sont quand même de drôles de pratiques, et qu'il est pour le moins surprenant que ce soit justement chez cet agriculteur que François Bayrou se soit rendu...
Malgré toutes ces péripéties, Cyrille Hamilcaro a écrit une lettre à tous les militants encartés à l'UDF, lettre qu'ils ont reçue ce week-end, les informant que l'élection du bureau de l'UDF locale a été fixée au 2 février prochain.
Gageons que l'ambiance y sera chaude...
Mr Bayrou ne mérite pas la légions des "espére cuit" qui compose son parti à la Réunion. Quand un homme politique a le courage de dire qu'une bonne idée reste une bonne idée qu'elle soit de droite ou de gauche, je trouve qu'il faudrait plus l'aider, que l'enfoncer, comme ce retourneur de veste qu'est Virapoullé. ( Il me rapelle le célébre Joe Dalton du PS en ce sens)....
Rédigé par: frederique master | 02 janvier 2007 à 20:53
Quel pastisson cette visite. J'ai retenu, à chaque fois, lorqu'un élu ntional pointait son bout de nez, c'était toujours le même discours, oui à la préférence régionale, alors que chez eux ils sont contre, oui à la suppression de quelques avantages, sauf aux leurs qui sont grandioses et qui nous coûtent la peau des fesses, oui à la vie moins chère, alors que chez eux ils ne connaissent même pas le prix du pain, oui nous allons faire changer l'urbanisme, alors que chez eux ils en ont rien à battre.
Bref, un tissu de mensonge comme à l'accoutumée.
Ils ne disent que ce que nous voulons entendre, en attendant ils noient le poisson avec allégresse, et nous, de boire le bouillon qu'ils nous laissent.
De gauche comme de droite, tous des menteurs, des incapables, des mendigots. Nous n'avons plus besoin de somnifère pour nous endormir, nos politiciens sont là bien en place sur leur cheval blanc.
Une phrase pour rire.
L'Espagne a l'ETA, l'Angleterre l'IRA, l'Italie la Mafia et la France l'ENA.
Bonnes fêtes
Rédigé par: coolcool | 31 décembre 2006 à 06:09
Il semble à lire cet article de Pierrot que les vieilles habitudes colonialistes ne soient pas totalement mortes et que pour les dirigeants "parisiens" des partis politiques, plus que jamais le sort et le destin des "africains" de l' Océan Indien doit se débattre et se trancher entre experts ... à Paris, et en coulisses à la Réunion.
L'UDF de M. Bayrou souffrerait elle aussi de ce mal en la personne de M. Bernard Lehideux ? Il serait bien dommage que ce candidat qui sort des entiers battus et de la langue de bois se laisse enfermer par son entourage dans de vieilles pratiques d'un autre temps. Espérons comme il l'a indiqué lors de son bref passage que c'est à partir de l'opinion et des réflexions de ses militants et de ses sympathisants locaux qu'il bâtira ses propositions pour la Réunion quand il sera président.
Rédigé par: FRANCO | 31 décembre 2006 à 01:46