Suite à l’article paru samedi dans le JIR sous le titre "Martha et Léonus, c’est fini… viré de RFO", je souhaite vous apporter quelques précisions sur ce nouvel épisode qui touche la station du Barachois et décrypter ce qui est écrit, surtout entre les lignes…
D’abord, bravo à Bruno Cadet, car malgré tout ce que l’on peut dire ou lire, c’est un homme créatif, bon et soucieux de faire de la qualité dans une corporation où la médiocrité est souvent au RDV…
Pour revenir à nos moutons et comprendre la fin du sitcom sur RFO, il faut remonter à septembre 2005. A l’époque, RFO cherche des programmes locaux capables de rivaliser face à Antenne Réunion, et notamment un sitcom. En interne, comme d'habitude, personne n’a d'idées à proposer...
Gérard Hoarau, le directeur d’antenne télé de l'époque et Rémy Tsang son adjoint, reçoivent alors Bruno Cadet un soir vers 20H00 dans les locaux de la station. Bruno Cadet expose son projet et son premier pilote… Après 5 mn de visionnage, le déclic se produit... et RFO tient son sitcom.
Bruno Cadet apporte ce qui manquait à la chaîne et Gérard Hoarau ne peut que féliciter son camarade d’école pour son talent et sa fidélité en amitié car, quelques mois auparavant, Bruno Cadet officiait sur Antenne Réunion ("Mangaye Chaud")… Gérard Hoarau se charge alors de faire valider le projet par son directeur, Gérald Prufer, qui comme à son habitude ne se mouille pas en concluant : "C’est vous qui voyez...".
Ni une ni deux, Bruno Cadet prend sa plume et commence à écrire et à tourner les premiers épisodes. Une équipe faite d’amitié et de compétences est montée et c'est sur fonds propres qu'il lance le sitcom "Chez Mangaye". L’apport de RFO à l’époque : deux soutiens de cadres, un point c'est tout !
L’aventure démarre donc, et très vite le succès est au rendez-vous. Les audiences explosent… Pire, c’est le seul créneau où RFO est devant Antenne Réunion… Les premiers DVD sortent et apportent l’oxygène financier à cette production lourde…
Beaucoup de réunions ont lieu entre la production, RFO et sa régie publicitaire, mais rien de neuf concernant l’apport financier, qu’il soit lié au budget de RFO ou à des annonceurs privés que la régie pub est incapable de trouver.
Ce n’est que début janvier 2006, in extremis, que Bruno Cadet obtient le feu vert de SFR pour financer le sitcom… La production respire… Tout va enfin aller mieux… jusqu’à l’incident Mangaye. Volontairement, je passe cet épisode qui n’apporte rien à finalité d’aujourd’hui…
Bruno Cadet et sa troupe se resserrent encore plus et avec un nouvel élan créent "Martha et Léonus".
Cependant une donne a changé… Gérard Hoarau, défenseur de la production locale et du créole, n’est plus là… Il a été muté à Wallis et Futuna, et son successeur apparaît très atypique…
Mi août, le nouveau staff de RFO est convié dans les studios où, à l’unanimité, le nouveau sitcom est approuvé. C’est un grand bravo qui ressort de cette rencontre, louant les qualités artistiques de Bruno Cadet, qui doit prendre une place plus importante dans la création à RFO (dixit Frédéric Bouquet, le nouveau directeur d’antenne).
Le sitcom est programmé pour la rentrée de septembre, et c’est là que les problèmes commencent…
Frédéric Bouquet, ne connaissant pas le paysage audiovisuel réunionnais, programme "Martha et Léonus" sur des créneaux horaires différents…
Côté financier, à nouveau RFO botte en touche, laissant Bruno Cadet assumer seul les 20.000€ mensuels nécessaires à la création du produit…
Bruno Cadet, ne pouvant être à la fois auteur, réalisateur et commercial, la tension monte… RFO reste sourd à ses remarques, ne voulant pas être mêlé à la recherche de financement : grand sujet tabou au Barachois, car il est de notoriété publique que la régie publicitaire n’est pas à la hauteur de ce qu’on est en droit d’attendre d’elle, et que ses responsables ont une mentalité de fonctionnaires qui sied mal à une régie qui doit être dynamique, et "agressive", dans le bon sens du terme…
Ayant de plus écarté "l’homme de l’ombre" qui comblait quand nécessaire les lacunes de la régie pub, c’est un véritable silence qui s’installe entre Bruno Cadet et RFO…
Fatigué de la passivité de la station du Barachois, Bruno Cadet prévient qu’il ne pourra pas continuer à assumer seul la survie du sitcom et qu’il sera obligé d’arrêter prochainement si cela continue… Rien à faire, aucune réaction ne vient…
Pire, en coulisses, on entend dire qu’après s’être "payé" Hubert Hess, Guillaume Courtaud, Olivette Traombe, Nicolas Casolari et autres, Frédéric Bouquet va allumer Bruno Cadet sous les motifs que le diffuseur est roi etque , comme il le clame souvent, le pouvoir est dans les mains du directeur d’antenne…
Arrive ce jour d’octobre, où l’affaire est rendue publique et où on lit avec surprise les mots de Frédéric Bouquet, soit disant furieux… Alors, rétablissons quelques vérités :
1. Ce n’est pas RFO qui a viré Cadet, mais Cadet qui est parti, n’en pouvant plus d’être manipulé par RFO.
2. Frédéric Bouquet ne peut pas être furieux de ce qui est dit et écrit, car il en est la cause première : Arrivé il n’y a que quelques mois (on sait comment et par qui), il a complètement déstabilisé les équipes en interne et les producteurs extérieurs. Pratiquant la manipulation et la mythomanie (il serait soit disant à l’origine des Guignols de L’info sur CANAL+…), son parcours audiovisuel est quasi vierge (quelques participations à des projets de copain…).
3. RFO, par ses pratiques, va droit d’en le mur et on en vient à se demander si ce n’est pas l’effet recherché par Paris…
Quelques conseils : La Réunion est petite, et il faut que les responsables de RFO cessent de se fâcher avec tout le monde…. D'autant qu'ils sont bien placés pour savoir que RFO n’a pas les ressources en interne pour arriver à faire de la vrai télé.
Quand on lit dans TéléMag qu’Antenne Réunion a plus peur du lancement de la télé du JIR que de RFO, on rêve… Surtout quand on pense au budget conséquent dont dispose la station du Barachois !
Alors, messieurs les directeurs, reprenez vous… Même si vous n’êtes que de passage et que les élections arrivant, vous pensez que vous allez bientôt partir, essayez de laisser une bonne image de vous…
Je finirai en vous prédisant que la prochaine victime sera sans doute Jasmine Carapapoullé et son label "Keep in Touch"... Vous verrez...
Les budgets sont essentiellement affectés à la masse salariale non ?
Rédigé par: darkalliance | 30 octobre 2006 à 03:10
Le JIR a toujours été l'épouvantail de tous les médias de l'Île. Il n'empêche qu'ils ont tous progressés, par devers ce grand ancien!
Rédigé par: Patrick B. | 30 octobre 2006 à 00:06